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Séparation et retrouvailles ou le contraire ...

Alors il s'en ai approché, un long moment il l'a observée. Dans leurs yeux, l'immensité du temps qui les a séparés. Il lui souriait, elle s'en émouvait. Ils étaient comme dans une bulle où l'extérieur ne comptait plus. Ce moment, intemporel, était magique. Les yeux dans les yeux, elle en pleurait. Ces larmes, voilà cinq ans qu'il ne les avait pas vus. Elles étaient douce, il avait tant aimer les consoler. Et puis sa bouche, ses lèvres ...
"Comment vas-tu ?"
Ce sont les mots qui ont brisé le silence magique de leurs retrouvailles. Elle a osé les prononcés, elle devait les prononcer.
"Tu m'a manquée"
Nouvelles larmes, elle était en pleurs, il se retenait (question de fierté masculine), ils étaient beaux.
"Je t'ai longtemps attendu"
Aussitôt, il est tombé. A genoux, il l'a suppliée de le pardonner. Cinq c'est long, surtout quand on ne part que pour deux. Elle en a souffert, il le savait. Avant, ils s'aimaient. Tous les jours elle allait au puis chercher de l'eau. Il s'y cachait et la retrouvait. Ils se parlaient, se regardaient, bref ils s'aimaient. Jusqu'à ce 5 juillet 1940. Comme tous les midi le facteur est passé, il n'y avait qu'une seule lettre. Il l'a prise et l'a ouverte : la nation l'appelait. Le soir même le car passait. Après de longs adieux, il est parti. Elle l'a beaucoup pleuré. C'était la dernière fois qu'ils se sont vus. Il s'en souvient comme de la veille.
"Pourquoi ne m'as tu pas écris ?"
lui as telle dit. Elle avait tant changé. Mais où passée sa joie de vivre ? Où est la jeune fille si fraiche que j'ai connu ? Voilà les questions qu'il se posait.
"-Je n'ai pas pu. Les Allemands interceptaient tous nos courriers.
-Ton frère est mort , tu le savais ?"
Cette fois s'en était trop, comment ne pas pleurer ? Alors les larmes jaillirent, elle ne l'avais jamais vu pleurer. "-Jules est mort ?
-Il y a tout juste un an . Mon frère Henri a subi le même sort."
Il la serra fort dans se bras. Ils pleurèrent ensemble de chaudes larmes. Elle le regarda et lui dit:
"-Que faisait tu ? Où était tu ?
-J'était prisonnier. Dans le sud de l'Allemagne, j'était prisonnier . Mais la guerre est finie, nous allons être heureux." Elle leva la tête vers lui et le regarda avec un air de chien battu :
"Non"
Le regard du jeune homme prit alors un état où l'incompréhension était mêlée au doute. Il espérait le meilleur en craignant pourtant le pire. Mais c'était à ses yeux, impossible. Ils avaient vécu tant de belles choses ensemble. C'est bien simple, c'est avec elle qu'il avait le plus heureux de toute sa vie. En repassant à tant de bonheur, il lui prit la main. Sa main était froide et ... NON ! A son annulaire ... un anneau, non ce n'était pas une vulgaire bague, il aurait voulu mais non.
"Je t'ai longtemps attendu, mais tu n'es pas venu ..."

22/06/08
   Séparation et retrouvailles ou le contraire ...

# Posté le dimanche 22 juin 2008 15:20

Modifié le lundi 25 août 2008 12:22

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